Pattaya. Le nom seul suffit à déclencher des réactions contrastées. Ville balnéaire du golfe de Thaïlande, située à environ 150 kilomètres au sud-est de Bangkok, Pattaya est l’une des destinations touristiques les plus fréquentées d’Asie du Sud-Est – et sans doute l’une des plus mal comprises. Alors, faut-il vraiment y aller ?
Une réputation sulfureuse qui n’est pas usurpée
Pattaya s’est construite sur le tourisme sexuel depuis les années 1960, quand les soldats américains en permission durant la guerre du Vietnam en ont fait leur terrain de défoulement. Des décennies plus tard, l’ADN de la ville n’a pas fondamentalement changé. Walking Street reste une vitrine de bars à hôtesses, de clubs douteux et d’une prostitution à peine voilée. Prétendre le contraire serait mentir au lecteur.
Mais ce qui a changé, c’est le profil d’une partie de sa clientèle. Depuis une vingtaine d’années, Pattaya attire un tourisme de masse venu de tous horizons, et pas toujours le plus reluisant. Parmi les phénomènes que les locaux observent avec agacement, on note l’afflux croissant de touristes français issus de banlieues, souvent jeunes, qui débarquent à Pattaya avec une manière de se comporter qui tranche très négativement avec les codes de politesse thaïlandais. Comportements irrespectueux, arnaques entre touristes, tensions dans certains quartiers : leur présence a contribué à dégrader l’image des Français auprès de la population locale.
Des zones à éviter absolument
Certains quartiers de Pattaya ne sont tout simplement pas recommandables, même pour un voyageur aguerri. Les abords de Walking Street la nuit, certaines ruelles autour de Soi 6 ou de Soi Buakhao concentrent pickpockets, arnaques à la consommation, bagarres et une atmosphère qui peut vite devenir oppressante. Des touristes se font régulièrement dépouiller, parfois avec la complicité tacite de locaux peu scrupuleux. La police thaïlandaise, souvent plus occupée à percevoir des dessous-de-table qu’à protéger les visiteurs, n’est pas toujours d’un grand secours.
Le tourisme sexuel, omniprésent, crée aussi une ambiance qui peut mettre mal à l’aise les voyageurs non avertis – couples, familles ou solo-travelers qui ne cherchent pas ce type d’expérience.
Ce que Pattaya a malgré tout à offrir
Il serait injuste de noircir entièrement le tableau. En dehors de ses zones sombres, Pattaya recèle des attraits réels. Les îles environnantes comme Koh Larn offrent des eaux claires et du sable blanc à 45 minutes en ferry – un dépaysement bienvenu loin du béton urbain.
Le Sanctuaire de Vérité, imposante structure en bois entièrement sculptée à la main, est l’un des monuments les plus impressionnants de Thaïlande. La gastronomie de rue reste excellente et bon marché. Enfin, le quartier de Jomtien Beach, au sud, est nettement plus calme et familial.
Pour qui Pattaya est-elle (vraiment) faite ?
Soyons francs : Pattaya est avant tout une ville construite pour le tourisme de consommation, qu’il soit festif, sexuel ou tout simplement de masse. Les fêtards assumés y trouveront ce qu’ils cherchent. Les retraités occidentaux expatriés y ont élu domicile pour le coût de la vie bas et les divertissements faciles.
En revanche, les voyageurs qui souhaitent découvrir la vraie Thaïlande, sa culture, ses paysages préservés et son hospitalité authentique, feront mieux de passer leur chemin. Chiang Mai, Hua Hin et certaines îles de Thaïlande (Koh Pangan, Koh Mak, Koh Lanta, etc) offrent une expérience bien plus enrichissante, sans les zones de non-droit ni l’ambiance de basse-saison permanente de certains quartiers de Pattaya.
Notre verdict
Pattaya peut surprendre agréablement si l’on sait exactement où aller et surtout où ne pas aller. Mais elle porte en elle des travers profonds – tourisme sexuel, insécurité dans certaines zones, clientèle parfois problématique – qu’aucun guide touristique bien-pensant ne devrait passer sous silence. Visitez-la les yeux grands ouverts, ou évitez-la au profit de destinations qui font honneur à la beauté de la Thaïlande.

